Pourquoi ?

Il s’agit de définir avec les parties prenantes du territoire « ce qui compte » et d’avoir un référentiel adapté aux enjeux spécifiques du territoire.

Quelle utilité ?

La création de son propre référentiel permet de s’adapter aux enjeux du territoire et d’animer un dialogue autour des valeurs clés et pratiques associés au bien vivre. Elle peut être l’occasion de créer du lien et des dynamiques collectives sur ces enjeux sur le territoire.  Les contreparties sont : une démarche potentiellement chronophage car plus complexe que la reprise d’un cadre existant ; une démarche peu balisée.

Comment ?

L’influence qu’aura la démarche participative est très liée au moment où sera intégrée le processus participatif, selon Le Roy et Ottaviani (2016). A travers une analyse fine de plusieurs expérimentations (voir tableau ci-dessous), il est possible de voir, selon le temps et l’intensité de la participation, vers quels méthodologies, postulats et résultats ce genre de démarche est susceptible d’aboutir.

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Ainsi, comme l’illustre le tableau suivant au travers de quelques exemples d’initiatives du bien vivre à l’échelle locale, il est possible soit de :

1. démarrer par une phase collective de définition de « ce qui compte » (Boussole du bien-être de Lyon, démarche SPIRAL, etc.) ;

2. commencer par un phase visant à enrichir de manière experte la connaissance du bien vivre à l’échelle locale et de faire intervenir le temps de formulation collective des dimensions et indicateurs du bien-être dans un second moment (Indicateurs de santé sociale [ISS] du Haut-de-France, Indicateurs de bien-être soutenable territorialisés [IBEST] à Grenoble).

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Comme l’écrivent Le Roy et Ottaviani (2017, p. 75-76) :
« Si la finalité et les objectifs poursuivis par le recours au participatif vont influer sur l’outil final qui sera créé (tableau de bord, indice composite ou combinaison des deux), il n’y a pas une coïncidence parfaite entre la poursuite d’un objectif et le format de la démarche participative retenue. C’est davantage des présupposés d’ordre épistémologique, notamment concernant les préférences des acteurs ou actrices, et le positionnement des porteurs et porteuses du projet dans certaines arènes institutionnelles (scientifiques, politiques, professionnelles, citoyennes) qui vont imprimer leurs marques sur le format de la participation qui sera privilégié. À cet égard, les interactions entre les différents porteurs ou porteuses de ces expérimentations et
l’interconnaissance de celles-ci ne sont pas à négliger. En effet, elles amènent à la fois les acteurs et actrices à ajuster le déroulement de la démarche participative en fonction des retours d’expérience et elles les conduisent également à tester de nouvelles temporalités dans le déploiement de la démarche participative. »

Exemples de boussoles

Quelques exemples de boussoles conçues de manière participative
Boussole du bien-être de Lyon
La boussole de ce qui compte pour les Lyonnaises et Lyonnais et comporte les 12 dimensions du bien-être suivantes: 1) Exercer l’emploi ou l’activité de son choix ; 2) Se déplacer ; 3) Préserver sa santé et se soigner ; 4) Vivre dans une ville accueillante et solidaire ; 5) Vivre ensemble ; 6) Vivre en sécurité ; 7) Vivre dans un espace public respecté ; 8) Avoir accès à la culture, aux loisirs et au sport ; 9) Pouvoir se nourrir sainement ; 10) Se loger ; 11) Vivre dans un environnement sain et végétalisé ; 12) Apprendre et s’épanouir en tant qu’enfant et adolescent

Démarche Bien-être territorial piloté par l’ADULM
Le référentiel crée dans le cadre de ce projet, structure les déterminants du bien-être territorial en trois types de leviers et 14 dimensions :
– L’attachement au territoire : vivre dans un territoire, c’est avoir des liens d’attache plus ou moins forts à ce territoire, qui se nourrissent de l’expérience et des représentations.
– La communauté de vie : vivre dans un territoire, c’est vivre dans une
communauté de vie, entretenir des relations sociales, participer à la vie en société. Ce pilier inclue 4 dimensions : Rencontrer, partager, échanger ; S’engager, s’affirmer ; Se sentir en sécurité ; Entretenir des relations avec les institutions ;
– Le territoire de vie : Vivre dans un territoire, c’est s’y loger, s’y déplacer, y travailler, y pratiquer des activités, en lien avec les équipements et aménités que propose le territoire, leur qualité et leur accessibilité. Ce pilier comprend 9 dimensions : Être accueilli et accompagné ; Se loger ; Se déplacer et être connecté : S’alimenter et consommer ; Se divertir et pratiquer des activités ; Travailler, produire et entreprendre ; Se former à tout âge ; Vivre dans un environnement sain et sécure ; Se soigner.

/ © ADULM

Indicateurs de bien-être soutenable territorialisés – Grenoble et département de l’Isère

IBEST comprend 8 dimensions (Figure 7) : 1) travail et emploi ; 2) affirmation de soi et engagement ; 3) démocratie et vivre ensemble ; 4) environnement naturel : 5) santé ; 6) accès et recours aux services publics ; 7) temps et rythmes de vie ; 8) biens de subsistance

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Points de vigilance

Les dimensions ressorties de la démarche doivent être réinterrogées au fil du temps.

Comment lier la soutenabilité sociale et la soutenabilité environnementale ?

Dans la construction du processus participatif, la discussion doit porter aussi bien sur les enjeux sociaux qu’environnementaux.

Dans l’usage des dimensions, il faut éviter de prendre chacune indépendamment. Par ailleurs, la question des seuils de soutenabilité doit être posée aussi bien pour les dimensions sociales qu’environnementales. IBEST en fournit une illustration en intégrant des seuils de réalisation (Ottaviani, 2015).

La mise en avant de la manière dont les besoins peuvent être pourvus par des stratégies de réponse immatérielle est fondamentale pour valoriser la sobriété comme levier de transition.