En alimentant les discussions budgétaires :
Pourquoi ?
Pour élargir la base informationnelle (Sen, 1992 ; Comim, 2005) de la décision publique, il s’agit de prendre en compte, lors des discussions budgétaires, des indicateurs sociaux et environnementaux.
Quelle utilité ?
Il s’agit de dépasser les arbitrages seulement économiques en mettant en visibilité le bien vivre et la soutenabilité et alimenter le débat public sur des décisions politiques clés.
Comment ?
S’être doté d’un référentiel sur les indicateurs de bien vivre est une étape indispensable pour pouvoir alimenter de telles discussions.
Deux modalités d’intégration de ce référentiel sont possibles :
- Au travers de la mise à disposition d’un rapport visant à objectiver la situation et les évolutions de différents champs de la soutenabilité sociale et de la soutenabilité environnemental Cette voie est celle prise par la Loi SAS, du fait des difficultés rencontrées pour modifier la LOLF (Pagnon, 2023) qui visait à permettre une telle discussion budgétaire avec une publication annuelle d’un rapport sur les indicateurs;
- Au travers de la mise au jour pour l’ensemble du budget de la contribution de chaque composante au bien vivre. Cette intégration, plus ambitieuse, nécessite un important travail de refonte budgétaire à l’instar de ce qu’a fait la Ville de Lyon. Ce pilotage budgétaire peut s’associer à un volet plus participatif : la ville met chaque année en travail une des thématiques clés du bien-être pour dégager des pistes d’action.
Exemples d’usage
La Ville de Lyon a décliné son budget municipal à partir du référentiel du bien-être développé de manière participative sur le territoire.
La Nouvelle Zélande s’est dotée via le Trésor d’un Living Standards Framework Dashboard qui permet d’avoir un cadre partagé entre les différents services publics. Celle-ci a ensuite lancé en 2019 son premier budget bien-être officiel. Il indiquait comment le gouvernement utilise les recettes fiscales et la priorisation des choix au regard du bien-être. En 2020, des amendements à la Financial Reporting Act de 1989 ont rendu the Wellbeing Report obligatoire au moins tous les quatre ans (Weijers, 2025).
Budget bien-être de Nouvelle-Zélande et en Australie (Moll et al., 2025)
La Loi d’Eva Sas (2015) a rendu obligatoire la publication d’un rapport annuel sur la base des indicateurs définis via une consultation publique par France Stratégie.
Economie du bien-être en Finlande (Pellikka & Hätönen, 2025).
Points de vigilance
Le risque est que cela devienne un exercice de communication alors même que l’enjeu est d’avoir un socle commun permettant pour les propositions budgétaires, le suivi d’activité, etc. de parler un même langage et d’intégrer un set de valeurs plus large dans la définition des politiques publiques. L’intégration d’un pilotage budgétaire nécessaire de profondes transformations (refonte des lignes budgétaires), un investissement sur le développement d’un référentiel et d’indicateurs pertinents et une acculturation des élus. Il y a une gouvernance à développer impliquant des instances collégiales (élus, experts et citoyens) et une réflexion sur l’articulation des niveaux d’intervention (Moll et al., 2025).
Comment lier soutenabilité sociale et soutenabilité environnementale ?
Au-delà des indicateurs nationaux ou locaux, les acteurs ne devraient pas perdre de vue des indicateurs sur l’impact écologique global (Laurent, 2017).
Découvrir les expériences associées : Eloi Laurent (2017) , Loi d’Eva Sas (2015)